15.10.2009

Les bones adresses de Claire et Bérénice

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Jeudi 10 Septembre et autres soirs : les bonnes adresses de Claire et Bérénice

 

 

Notre premier soir n’avait pas été une réussite en matière de repas : fatiguées de notre voyage, nous avions dû chercher pendant plus d’une heure où manger, errant dans les rues de la nouvelle ville sans savoir se décider… Les pieds en compote, nous avons finalement opté pour le restaurant ARANA sur le paseo maritimo, face à la mer. Je peux vous le dire, ce qui déroute le plus quand on arrive dans un pays étranger, c’est la carte des menus ! Pour l’apéro, pas de problème, ça sera une bière au citron (La Clara comme on l’appelle ici), je garde un très bon souvenir de la cerveza con limón de Ségovie lorsque j’étais allée chez Alba. En revanche, niveau nourriture c’est un vrai casse-tête : impossible de comprendre plus d’un dixième des plats proposés ! Nos estomacs crient famine à l’unisson, il faut choisir ! Gambas, freidura, ajillo … tout cela paraît bien tentant. Vous devez tous connaître les gambas, ces grosses crevettes rouges, peut-être vous en êtes-vous régalés avec du riz et une sauce au curry… Personnellement, nous adorons ça et gambas étant notre seul repère sur la carte, nous avons sauté sur l’occasion pensant être sûres de notre coup ! C’est étrange, dans un endroit inconnu, on cherche toujours quelque chose qui nous rapproche de notre culture, quelque chose qui nous rassure. Pour varier, chacune a quand même pris une garnison différente : Lucille Gambas blancas cocidas, Elena Gambas fritas, et moi Gambas al ajillo. Je demande si du riz est servi en accompagnement avec les gambas à l’ail, le serveur me regarde d’un air bizarre et me répond que non quelle question ! En effet, ça aurait été très peu approprié vu ce qu’on nous apporta, risible même, je comprends la réaction du jeune homme ! Il faut dire que les plats qu’on nous servit n’avaient strictement rien à voir avec ce à quoi nous nous attendions. Les gambas fritas si, plus ou moins, c’était des sortes de beignets de crevette cuits dans de la friture . Ah oui, parce qu’en Espagne, gambas ne correspond pas à l’image française de « grosse crevette rouge », mais signifie simplement « crevette » normale, basique, toute simple. Quelle déception ! De ce fait, les gambas blancas cocidas de Lucille sont en réalité des crevettes froides et, plus surprenant cette fois, mes gambas al ajillo se trouvent être une soupe de crevettes et de morceaux d’ail dans de l’huile d’olive. Ah… c’était donc ça ? Une fois de plus l’Espagne nous surprend. Mais finalement, au goût, tout est délicieux, et avec la faim que nous avions, nous dévorons notre festin en mois de deux.

S’ensuivent, quatre jours d’hôtel, durant lesquels nous sommes condamnées à manger le strict minimum du nécessaire vital, sans avoir quoi que ce soit pour cuisiner, ce qui se résume à des sandwichs ou salades improvisées achetées au Supercerka, la supérette du coin.  C’est lassant. On manque de fruits, on manque de viande, on manque légumes, on manque de plats chauds, et si l’on veut compter sur les restaurants espagnols, c’est un défilé de fritures et de charcuterie sans accompagnement digne de ce nom. Ou alors, autre option : le Mac Donald’s à l’angle de la place Victoria, toujours pour nous rassurer, parce que le Mac Do’ on connaît, mais niveau diététique, peut mieux faire. On se sent faibles et sans énergie, « raflaquées » comme les salades que nous achetons, et si en plus la journée d’investigation n’a pas été fructueuse, on rentre complètement raplapla.

Heureusement, Claire est là pour redonner du peps à tout ça ! Au cours d’une petite conversation MSN, elle sait trouver les mots et les photos pour nous regonfler à bloc. La description des mets et restaurants qu’elle nous fait nous donne l’eau à la bouche ! Vite ! ni une, ni deux, je saute sur mon carnet pour noter les adresses. La prochaine fois, ce sera Los Cumbres Mayores et son fameux Secreto a la brasa.

C’est d’ailleurs là que nous donnons rendez-vous à Jérôme pour fêter notre futur emménagement. L’endroit est très typique, le serveur aussi : intérieur style bodega, des jambons entiers pendus aux murs, des étagères de bois où sont exposées les bouteilles de vino tinto (vin rouge), on imagine parfaitement le grill au feu de bois dans l’arrière cuisine ; quant au serveur, c’est une montagne ventrue sous un tablier noir, aux cheveux très brun et à l’air bourru, une voix caverneuse, des mains énormes … l’aubergiste espagnol dans tout sa splendeur ! Mais alors ce secreto a la brasa ! Succulent ! Oui, succulent, c’est tout à fait le mot juste : une viande grillée avec un petit goût de braise, croustillante sur le dessus, bien tendre et bien saignante à l’intérieur, parfaitement assaisonnée au gros sel, accompagnée de sa pomme de terre au four et de sa tomate fondante… Je m’en lèche encore les babines. Nous avons vraiment mangé comme des rois !

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Dans le genre « petit péché mignon », nous pouvons élargir  l’horizon grâce à Bérénice, notre guide officielle qui, avec sa sympathie et sa bonne humeur, nous fait découvrir les bons petits coins à ne pas rater : c’est l’expérience qui parle après un an de dégustation et de cohabitation avec les autochtones, on peut lui faire confiance ! Nous commençons notre visite culinaire par Las Flores le jour même de nos retrouvailles avec la demoiselle. Espagnol 100% encore une fois, avec leurs spécialités de friture : chocos, chipirrones, calamares… la ensaladilla rusa très rafraîchissante avec ses pommes de terre froides, ses petits légumes et sa mayonnaise pas très loin du style piémontaise, les croquetas  un petit régal de pomme de terre et de fromage fondu enrobé de chapelure… le tout façon tapas : on ne commande pas individuellement mais on prend des rations ou demi-rations pour toute la tablée ce qui a ses avantages : primo, ça permet de goûter à tout, secundo, c’est bien plus convivial ! C’est aussi lors de ce repas que nous faisons notre première infidélité à la Clara avec le Vino tinto de verano sur les conseiles de Bérénice. Hummm ! Le parfum fruité de la sangria, le pétillant de la limonade, l’inévitable rondelle de citron, et la flopée de glaçons, remède indispensable à la chaleur ambiante : nous sommes séduites !

Mais ce n’est pas tout ! Nous ne nous arrêtons pas en si bon chemin, ce serait faire offense à notre guide… et à nos papilles ! Comment avons-nous pu vivre plus de vingt ans sans le brownie  de l’Arsenio Manila ??? Je vous le demande ! Fin d’après-midi sur le paseo maritimo avec en arrière plan le coucher de soleil sur la plage, quelques banquettes la terrasse d’un restaurant au style ethnique, de nouveaux amis autour de la table… Table très européenne d’ailleurs avec des Français : Bérénice, Jérôme, Lucille, Elena et moi, des Espagnols (enfin !!!) : Hélios, que nous rencontrons pour la première fois après tous les éloges (fondés) que nous avions pu écouter de la bouche de Bérénice, Antonio et Kike, fort sympathiques, enjoués, très drôles et respirant la joie de vivre, et … des Allemands (mais si, mais si !) : Tobias et Hanes, les amis de Jérôme, de gentils kinders à première vue mais qui doivent bien cacher leur jeu ! Mélange donc d’espagnol, de français, d’allemand, d’anglais, de langage des signes et de mimiques pour se faire comprendre : j’adore les réunions cosmopolites et polyglottes ! Mais revenons à nos moutons, ou plutôt à notre brownie : son biscuit chaud fondant, sa boule vanille et son coulis de chocolat… difficile de se rendre compte du délice que ce fut avec de simples mots, mais rien qu’en écrivant, les saveurs me reviennent à l’esprit et à la bouche…

cien montaditos.jpgEt dire que ce n’était que la merienda (ou goûter) ! Parce qu’après, pour le dîner, nouvelle destination, direction les Cien Montaditos !  Ceux-ci font partie du carnet d’adresses incontournables de Claire ET de Bérénice pour son concept original. Dans un genre moins « chic » que l’Arsenio Manila, moins « terroir » que Los Cumbres Mayores, moins « tapas » que Las Flores, Los Cien Montaditos donnent dans « l’amusant et le très convivial ». A table, le menu, liste de petits sandwichs avec des garnisons diverses : jambon serrano, poulet ailioli, poivron, salsa brava, crevette… et toutes les combinaisons possibles et imaginables. Le choix étant  fait, il suffit d’inscrire le nombre de sandwichs de chaque catégorie dans la case prévue à cet effet, et surtout ne pas oublier de noter son nom en haut à gauche, de préférence fictif et rigolo car il sera crié au micro une fois la commande prête. Il faut alors aller chercher la montagne de petits pains et se battre pour retrouver chacun les siens !Ca y est ? Vous avez trouvé ? 1,2,3 Top ! Dévorez ! (J’en connais qui se damneraient pour les sandwichs chauds de ce restau !)

Hummm, évoquer tout cela m’ouvre l’appétit et pas qu’un peu !

Mais, le meilleur reste à venir ….

01.10.2009

vamos a la playa

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Jeudi  10 septembre : vamos a la playa !

 

 

 

Des gamines ! Des enfants je vous dis !

Ça faisait des jours qu’on en mourait d’envie. Ca faisait des jours qu’elle était là à nous narguer, à nous faire languir, à nous faire saliver.

Une eau bleu azur, claire, limpide ; du sable blanc, fin, comme dans les îles ; un ciel sans nuage où règne en maître un soleil étincelant. Cadre idyllique.

Ce n’est pas pour rien que la plage de Cadiz fait partie des plus belles du monde, et a été élue plus belle plage d’Europe, ce qui fait la grande fierté des gaditans. (Le chauvinisme n’a rien à voir là-dedans, ce titre n’est absolument pas volé !)

Dire que dans la spirale infernale de notre arrivée, nous n’avions pas encore pu en profiter …

Quel dommage !

C’était sans compter sur notre volonté et notre capacité à nous rattraper !

19H30. Pas un espagnol en vue.

A peine un pied posé sur le sable doux comme du sucre glace, nous nous mîmes à courir cheveux au vent vers … la mer. Hummm. Qu’est-ce qu’elle est bonne ! Pour un peu nous en aurions oublié d’enlever nos vêtements avant de nous jeter à l’eau !

Série de cris, de hurlements de joie, on s’éclabousse (enfin, Elena entreprit de me lancer de l’eau face au vent... résultat : ce fut plutôt le coup de l’arroseur arrosé ! ), on se coule, on rit à gorge déployée. Qui tiendra son poirier le plus longtemps ? Qui fera la plus belle étoile flottante ? Qui projettera de l’eau le plus loin ?... Quand je vous disais que nous étions redevenues enfants ! Dios ! Qu’est-ce que ça fait du bien !

Aïe ! Lucille se fait piquer par on ne sait quoi. Une méduse ? Un oursin ? Une algue ? Ça nous refroidit un peu ; et comme de toute façon nous commencions à avoir la chair de poule, retour sur le sable pour admirer le coucher du soleil… et faire des millions de photos ! Oui, je sais, ça fait un peu « cliché » les photos de coucher de soleil, la mer azur, le sable blanc. Mais c’était exactement cela ! Toutefois, notez bien qu’aucun cocotier n’est mentionné.

Si les vagues avaient été nos premières camarades de jeu, l’appareil photo devint notre joujou suivant. Si on se prenait en train de faire des sauts ? 1, 2, 3 ! ah non ! vous n’êtes pas synchro ! 1, 2 , tr… trop tôt ! ah celle-là elle est super ! Maintenant on va capturer le soleil dans nos mains OK ? un peu plus à gauche… nan la gauche pour moi…vas-y, avance un peu, re, recule… un peu plus haut la main droite, c’est bon ! « Clic »

Mais voilà, nous avions un ennemi : le vent. Et le vent à Cadiz c’est terrible ! On voit les nuées de sable se déplacer sur la plage à une vitesse impressionnante! Chaque grain est projeté avec une telle force que ça vous fouette les jambes et vous oblige à vous retourner et à vous recroqueviller pour vous protéger ! Et puis le sable est sournois parce qu’il s’immisce dans tous les interstices …

Finalement, nous avons décidé de faire du vent notre allié et de jouer avec lui pour faire nos photos « artistiques » ou pour inventer un nouveau sport qui consiste à tenir une serviette à deux, chacune à une extrémité, et à se laisser tirer à chaque rafale qui se prend dans la voile.

Ce qui nous a quand même le plus surprises, c’est de voir si peu de monde. Certes, ce n’est déjà plus la pleine saison et il commence à se faire tard pour un bain, mais le fond de l’air est encore tellement bon ! Les seuls Espagnols que nous croisons sont ceux qui font leur jogging sur la plage, et je dois dire qu’il y a un certain nombre de courageux, baskets aux pieds, MP3 dans les oreilles, qui le pratiquent chaque soir au bord de l’eau ou sur le « paseo maritimo ». Enfin quand je dis que NOUS croisons, c’est plutôt EUX qui nous croisent… voire qui s’arrêtent devant nous. « S’arrêter » n’est pas encore le verbe adéquat. Comment dire ? Imaginez un Espagnol chevelu, barbu, frisé, avec un T-shirt rouge, un short noir, en sueur… (ne rêvez pas mesdemoiselles ce n’est pas du tout l’archétype du beau latino que j’essaye de décrire ici… je dirais même que ça tiendrait plus l’anti latin-lover, un peu brut de décoffrage, vous voyez ?). Imaginez-le en train de courir sur la plage, face au vent, passant devant trois petites françaises sublimissimes (en l’occurrence, nous) et légèrement vêtues.  Voyez-le maintenant ralentir sa course petit à petit, la tête tournée vers ces trois jeunes filles, puis, une fois arrivé à leur niveau, faire du sur place, les yeux rivés sur elles, le sourire aux lèvres, le sable porté par le vent lui collant aux dents, et ce pendant un bon moment… assez pour nous mettre mal à l’aise, et, le temps d’échanger des regards interrogateurs, pour nous faire pouffer de rire. Ah vraiment, ces Espagnols !

Oh ! il est presque 21H ! Nous avons rendez-vous avec Jérôme dans la vieille ville pour célébrer la trouvaille de la veille : notre appart’ ! Vite ! à la douche avant de passer à table !

 

20.09.2009

3 francesas buscan piso

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Mardi 8, Mercredi 9 Septembre 2009 : 3 chicas francesas buscan piso (3 françaises cherchent appartement)

                                                              

Pas le temps de se reposer, encore moins de faire la grasse mat’ : nous avons 3 jours pour trouver un appart’ et ça c’est LA galère !

Notre idéal : appartement lumineux, situé dans la vielle ville, à 2 min de la fac, avec 5 chambres individuelles dont 2 occupées par des espagnol(e)s,  fenêtres, belle vue, machine à laver (allez on passe sur le lave-vaisselle, faut faire des concessions), eau et électricité incluses, moins de 250 euros, internet… et je passe les détails … on a bien rêvé !

Où chercher ?

La oficina de alojamiento (maison du logement) à la fac bien sûr !

Direction la vieille ville via le bus ligne 7.

Nous cherchons un bâtiment avec des drapeaux.  Surprise ! il y en a partout !!!

Nous trouvons la facultad de filosofía y letras (la nôtre quoi), magnifique, à côté d’un parc très agréable aux arbres gigantesques et aux fontaines rafraichissantes.

Passé le hall d’entrée, nous nous retrouvons face à ce panneau couvert d’annonces en tout genre.

C’est la pêche aux numéros : on prend tout tout tout , même si ça ne correspond pas à notre idéal, même si c’est pour une personne, même si c’est loin, même si c’est cher.

Quand même, on aimerait bien trouver la oficina ! On demande, on tourne en rond, on avance, on revient sur nos pas … c’est là ! Il est 12h55. Ca ferme à 13H00 … OUF ! Mais non, il semblerait que les espagnols soient très ponctuels (c’est un euphémisme lorsqu’il s’agit de quitter le boulot)  Une petite affiche : horarios : 9h00-13H00 avec cette petite précision : miércoles a 9 se Setiembre 16H00-20H00.

Ok, on reviendra demain après-midi dans ce cas.

De retour à l’hôtel c’est téléphone, recherche sur internet et une seule réponse à chaque fois : « el piso ya está ocupado » (l’appartement est déjà occupé) grrrrrrr !

L’enthousiasme qui nous avait caractérisées jusque là s’envole.

Et puis THE OFERTA : grande maison juste derrière la fac, séparée en 2  d’un côté nous, de l’autre une famille espagnole. On peut la visiter dès demain matin. Le moral des troupes remonte en flèche … un peu trop d’ailleurs.

La désillusion est de taille !

Première impression : il fait chaud ! très chaud ! trop chaud !

Deuxième impression : c’est sombre, très sombre, trop sombre !

S’ensuit une série de déceptions : pas de fenêtre dans les chambres, il faut partager cuisine et salle de bains avec accès réglementé (deux fois par jour, pas plus), le prix est bien plus élevé que ce qui était prévu, il y a des enfants partout, la famille est plutôt, comment dire, plutôt, étrange ! En un mot : sauve qui peut !

Mais il en faut plus pour nous abattre : nous dégainons nos téléphones sur une place avoisinante et le manège des coups de fil reprend.

« Hola ! Somos 3 chicas francesas y llamamos a propósito del anuncio » (bonjour ! nous sommes 3 françaises et nous appelons à propos de l’annonce)

La roue tourne ! on nous répond ! je vous l’avais dit les filles : le 09/09/09 ça ne pouvait que nous porter chance !

Un rendez-vous par -ci, un rendez-vous par-là. Nos pieds souffrent de tant marcher entre vieille ville et nouveaux quartiers ; et je ne parle même pas des détours inutiles faute de sens de l’orientation aiguisé. Notre GPS personnel alias Lucille ne s’en sort pas mal, et finalement nous retombons  sur nos pattes avec moins de 5 minutes de retard à chaque fois. Nous sommes tellement acharnées dans nos recherches que nous en oublions de manger : c’est en dévalant la rue de la fac que nous entamons un sandwich sans saveur que nous terminons dans le bus.

Un appartement attire notre attention. Ce n’est pas la propriétaire mais sa mère et sa petite fille qui nous font la visite. Il se trouve dans la nouvelle ville, mais semble être assez grand, avec  4 chambres, 2 salles de bains, une belle cuisine… cela dit, si mes amies s’emballent tout de suite, je ne suis pas tout à fait convaincue : pour moi c’est clair, c’est trop sombre ! 

Petit passage par la oficina de alojamiento à 17H00. On a vu large parce qu’on sait qu’en matière de sieste les espagnols ont bien le temps. Et, nouvelle surprise : fermé ! Plus aucune affiche. Rien. Personne. Du bruit… Il y a tout de même âme qui vive ici. On nous dit que la oficina n’est ouverte que le matin et que ça a toujours été ainsi, qu’on ne peut pas vraiment nous aider à part nous donner un numéro de téléphone et une adresse mail, mais la meilleure chose à faire serait de passer demain matin. Quoi ? ! Lucille aurait pu faire un scandale sur ce coup-là. Se faire balader par l’administration, je connais, j’en ai fait la triste expérience plusieurs fois, maintenant je suis blindée. Il faut avouer que ça relève quand même d’un gros  « foutage de gueule ». Heureusement qu’on a pu compter sur nous-mêmes pour se débrouiller !

Quoi qu’il en soit, pas le temps d’attendre demain : il faut donner une réponse pour l’appartement ce soir avant 19H00. Mes amies sont décidées. Je ne suis toujours pas trop enthousiaste.

C’est aussi et surtout parce que j’attends de visiter l’appartement de FERNANDO. L’épisode « Fernando » mérite son paragraphe, personne ne pourra me l’enlever ! Un des multiples coups de fil du matin : « hablame ! cuántas sois ? vale, mira, de dónde sois ? de francia ? las tres ? 3 francesas ! estupendo ! vale vale vale, mira que estudiais ? ah el mismo curso que yo ! bueno, mira,  podeis venir a visita resta tarde, sabes dónde se situa ? yé parle oun pé frrrancé, tou vois Cadiz c’est comme oun couilléré, la vieille ville c’est là où on met la soupe, el piso est dans la manche… on dit le manche ?... etc , etc, etc » Très très sympathique ce Fernando.

Midi arrive. Téléphone ! Ah Fernando ! Il ne peut pas venir mais a dépêché des amis anglais pour nous faire la visite. Il n’est pas trop cool ce Fernando ? Rendez-vous 18H00 calle Salvador del Mundo. Nous avions cherché sur la carte : Rien. Nous avions cherché sur google maps : j’ai un scoop : google maps n’est pas du tout  fiable ! En effet, nous nous retrouvons dans un coin assez lugubre, des immeubles délabrés, une odeur nauséabonde, un chantier juste à côté… ça ne peut pas être là ! On demande autour de nous, et nous nous rendons compte que la sympathie des espagnols n’est pas qu’une légende ! Un monsieur d’un certain âge  prend le temps de regarder la carte avec nous avant de se mettre à héler chaque passant pour lui demander de l’aide. Nous voilà entourées de pas moins de cinq personnes à chercher la calle Salvador del Mundo ! Pendant ce temps, je suis au téléphone avec Marc, l’ami anglais, qui essaye lui aussi de me renseigner. On y arrive ! Rencontre avec Juliann, la femme de Marc, qui doit nous faire visiter. Accueil très sympa, mais mine décomposée : « Fewnanndow me hha deechow que habiiia dejadow la llave en soo boozon pewo el boozon esta cewwadow » comprenez « Fernando me ha dicho que había dejado la llave en su buzón pero el buzón está cerrado » J’adore l’accent anglais ! ah la traduction peut-être :  « Fernando m’a dit qu’il avait laissé la clef dans sa boîte-aux-lettres mais la boîte-aux-lettres est fermée ». Elle peut nous faire visiter la porte d’entrée et peut-être la  terrasse… qui se révèle inaccessible. Oh c’est pas vrai ! Téléphone à Fernando, toujours de très bonne humeur et toujours aussi rigolo : on peut casser la boîte-aux-lettres, ça ne pose aucun problème ! Ça c’est une mission pour les Totally Spies ! Lucille, Elena et moi nous convertissions en de véritables super héroïnes aux mille et un gadgets.  Ju, passe-moi quelque chose d’assez résistant. Un porte-monnaie ça ira ? Parfait ! Ah il y a plein de pub ! Elena passe ton portable pour éclairer ! Merci ! Je ne vois pas de clefs ! Un stylo s’il vous plaît. Si, il y a un truc assez dur en métal. (Julie morte de rire pendant toute l’opération). Dommage qu’on n’ait pas d’épingle à cheveux pour forcer la serrure ! Juliann veut appeler son mari qui, d’après elle, est assez balèze. Impossible. Je peux essayer de passer la main dedans les filles si vous voulez. OK. La pêche est difficile et me laisse des marques sur la main mais elle est fructueuse : une clef ! mince ! Ce n’est pas la bonne, celle-ci est en plastique. Je replonge la main entre l’étau de fer maintenu entrouvert par mon porte-monnaie qui résiste. Cette fois, c’est la bonne : je ressors la main, victorieuse. On va enfin pouvoir le visiter cet appartement ! J’appelle Fernando pour lui annoncer la bonne nouvelle. Il est tout joyeux.  Mais, il ne faut pas faire attention, il a tout laissé traîner en partant : ordinateur portable gisant sur la table basse, paquet de cigarettes à moitié vide, stylos, carnets, draps… Il me semble bien sympa ce petit appart’ moderne. « Petit », c’est justement ce qui pose problème. Tant pis pour Fernando. Je le lui dis, il a l’air trop déçu. Il s’était tant investi, le pauvre. C’est donc avec des abdominaux en plus (à cause des fous rires) et une boîte-aux-lettres en moins que nous retournons à l’hôtel.

Il faut prendre une décision : on dit que c’est OK pour l’appartement vu plus tôt dans l’après-midi ou on attend demain ? Je continue à chercher sur internet pendant que mes amies tentent de joindre la propriétaire : je n’avais pas vraiment eu le coup de cœur et j’avais du mal à me résigner. Allez, après tout, il était assez correct, et puis on n’avait plus beaucoup de temps devant nous. Disons d’accord pour celui-là alors.

Vendredi on emménage. Cette nouvelle aurait dû nous faire bondir de joie, mais on ne se rend pas compte. Parce que c’est nouveau pour nous, parce que ça marque le début concret de notre vie ici, parce qu’il va falloir être responsables et tout gérer toutes seules. Je ne sais pas. Petite appréhension. Il va falloir conjurer ma première impression… verdict vendredi. D’ici là : playa !